Inkscape – Dessinez un chapiteau vectoriel

Pour la réalisation d’une bande-annonce d’un festival de cirque et spectacles de rue j’ai réalisé une animation d’un chapiteau vectoriel qui tombe du ciel et se monte tout seul. Le chapiteau est dessiné avec Inkscape et j’ai utilisé une photo du site du festival comme fond. L’animation sera réalisée dans l’article suivant avec Synfig Studio, logiciel libre d’animation vectorielle.

Le résultat final et la photo utilisée comme modèle sont disponibles en fin d’article.

Cet article ainsi que le prochain ont été écrits pour être publiés dans la presse, mais finalement, ça ne sera pas le cas. Voici donc le premier en intégralité. Le seconde sera publié la semaine prochaine.

Étape 1 : inspirez-vous d’une photo

Même si le dessin vectoriel est très succinct je souhaite lui donner une touche de réalisme en utilisant les couleurs et la forme du chapiteau réellement présent sur le festival. Depuis Inkscape j’importe donc une photo. Les options d’importation n’ont aucune importance dans la mesure où nous ne conserverons pas la photo dans l’image vectorielle.

Pourquoi ne pas vectoriser le chapiteau depuis la photo ?

Même si la vectorisation d’image matricielle d’Inkscape peut donner de bons résultats, dans le cas qui nous intéresse, elle présente surtout des défauts :
* il faudrait commencer par détourer le chapiteau afin de retirer le décor ;
* la vectorisation produit beaucoup (trop) de nœuds et l’outil Chemin > Simplifier déforme considérablement le dessin ;
* plus il y a de nœuds, plus l’animation est complexe ;
* nous n’avons besoin que de formes géométriques simple.
Il est donc plus simple de dessiner le chapiteau par dessus la photo.

Étape 2 : les mâts

Deux simples rectangles feront l’affaire. Prenez l’outil Rectangle et tracez un rectangle haut et très fin.

Ouvrez la fenêtre Objet > Fond et contour pour affiner les couleurs. Tout d’abord, allez dans l’onglet Contour et supprimer la couleur de contour si celle-ci est définie (cliquez sur le bouton orné d’une croix, le premier à gauche).

Pour la couleur de fond vous pouvez utiliser l’outil Pipette et cliquer sur l’un des mâts dans la photo. Cependant, vu la finesse des mâts l’opération ne sera pas d’une grande précision. Vous pouvez simplement choisir un gris quelconque dans l’onglet Fond de la fenêtre Fond et contours, cela fera illusion.

Dupliquez ce premier mât (Édition > Dupliquer) et déplacez-le en maintenant la touche Ctrl enfoncée pour contraindre un mouvement parfaitement horizontal (notez que si vous déplacez la souris vers le haut ou le bas, le déplacement sera seulement vertical).

Étape 3 : groupez les éléments par thème

Cette étape n’est pas indispensable mais vous permettra de retrouver chaque « groupe » dans Synfig Studio plus rapidement. Ici nous avons un dessin relativement simple à animer ; lorsque le dessin se complexifie, vous avez intérêt à ranger !

La fonction Grouper d’Inkscape ne sert à rien car Synfig Studio n’utilise pas les groupes d’objets. Dans Synfig Studio, tous les éléments sont des calques ou des groupes de calques. En revanche, nous pouvons assembler les éléments (chemins) d’une même entité (le toit par exemple) dans un calque Inkscape.

Voici la correspondance entre les deux logiciels :

  • un chemin ou un objet dans Inkscape devient un calque dans Synfig Studio ;
  • un calque dans Inkscape devient un groupe de calques dans Synfig Studio.

Ouvrez la fenêtre des calques (Calque > Calques) et renommez l’unique calque en « Mâts ». Avant de passer au dessin des autres parties du chapiteau, créez déjà les calques « Coupole », « Toit » et « Entourage ».

Étape 4 : un rectangle pour la coupole

Placez-vous dans le calque « Coupole », soit via la fenêtre Calques soit via le menu déroulant présent dans la barre d’état, en bas d’Inkscape, juste à gauche des messages.

La coupole est un rectangle orienté à l’horizontale et dont les deux coins supérieurs sont arrondis.

Dessinez un premier rectangle d’une taille équivalente à celle de la coupole violette.

Étape 5 : choisir la couleur avec la pipette

Prenez la pipette (assurez-vous que le rectangle soit préalablement sélectionné, ce qui est le cas si vous n’avez pas cliqué ailleurs entre-temps) et cliquez dans une zone suffisamment représentative de la couleur globale de la coupole. Vous pouvez cliquer plusieurs fois tant que vous n’êtes pas satisfait du résultat.

Enfin, vous pouvez encore affiner la couleur dans la fenêtre Fond et contour, onglet Fond puis Aplat et enfin le modèle TSL (pour teinte, saturation et luminosité). Jouez en priorité sur le curseur de saturation (S), éventuellement sur celui de luminosité (L).

Étape 6 : affinez la forme de la coupole

Maintenant que la couleur du rectangle est fixée, dupliquez ce rectangle (Édition > Dupliquer) puis décalez-le vers le haut (avez la touche Ctrl pour un déplacement vertical) de sorte à ce que les deux rectangles se chevauchent encore pour moitié.

Reprenez l’outil Rectangle et assurez-vous que le rectangle du dessus est bien sélectionné. Déplacez la poignée ronde vers le bas pour arrondir les coins du rectangle jusqu’à obtenir la courbure désirée.

Les arrondis du haut doivent être visibles entièrement et ceux du bas totalement cachés par le premier rectangle. Vérifiez également l’absence de décalage horizontal entre les deux rectangles.

Une fois que tout est bon, sélectionnez les deux rectangles (clic sur l’un puis Maj + clic sur l’autre) et unissez-les (Chemin > Union). Le résultat est un chemin unique.

Étape 7 : les bâches de toit depuis la coupole

Placez-vous dans le calque « Toit ».

Les bâches de toit sont modelées à partir d’un rectangle déformé.

Le bord droit d’Inkscape présente un certain nombres d’icônes liées au magnétisme. Assurez-vous que sont cochées les fonctions :

  • Activer le magnétisme, premier bouton en partant du haut ;
  • Aimanter aux nœuds, chemins et poignées, septième bouton.

Prenez l’outil Rectangle et placez la souris sur le coin inférieur gauche de la coupole que vous avez dessinée. Vous devriez voir apparaître l’indication Poignée à point de rebroussement et sentir une attraction de la souris par le nœud de la coupole : c’est l’œuvre du magnétisme. Tracez le rectangle depuis ce point en partant vers la droite jusqu’à ressentir l’attraction du nœud inférieur droit de la coupole.

Nous venons de tracer un rectangle de même largeur que la coupole, sans utiliser de repère ni de grille (nous aurions pu).

Comme pour la coupole, utilisez la pipette pour colorer ce rectangle en prenant une couleur représentative des bâches de toit dans la photo. Prenez la couleur la plus neutre possible, ni trop ombrée, ni trop éclairée. Nous affinerons ces détails plus loin.

Étape 8 : déformez le rectangle du toit

Le rectangle tracé à l’étape précédente est un objet Rectangle et ses déformations sont limitées (il conserve ses propriétés de rectangle). Nous devons le transformer en chemin : Chemin > Objet en chemin. Ainsi nous pouvons déplacer chaque nœud indépendamment l’un de l’autre, appliquer une courbure à un segment.

Il nous faut maintenant écarter les deux nœuds du bas pour faire un trapèze (la forme géométrique et non l’instrument d’acrobatie).

Prenez l’outil Éditer les nœuds et les poignées de contrôle et cliquez sur le rectangle à déformer. Vous voyez apparaître les quatre nœuds. Nous allons maintenant activer une option de cet outil qui modifie son comportement lorsque plusieurs nœuds sont sélectionnés : dans la barre d’options (sous la barre de menus) vers la droite vous trouverez Affichez les poignées de transformations pour les nœuds sélectionnés (troisième bouton en partant de la droite). Important, une fois cochée cette option est active tant que vous ne la décochez pas, même lors de vos prochaines utilisation d’Inkscape.

Toujours avec l’outil Éditer les nœuds et les poignées de contrôle sélectionnez les deux nœuds du bas (clic sur l’un puis Maj + clic sur l’autre). Vous voyez apparaître des flèches de déformation sur les côtés. En pressant la touche Maj cliquez sur l’une de ces flèches et déplacez-la de manière à éloigner les nœuds l’un de l’autre.

La touche Maj force la déformation à s’effectuer depuis le centre des nœuds sélectionnés et non depuis le bord sur lequel vous tirez. Si vous constatez que vous tirez une poignée depuis le nœud où se trouve la souris (induisant une courbure) c’est que vous avez cliqué sur le nœud et non la flèche. Annulez (Ctrl + Z) et recommencez en visant plus juste.

Étape 9 : courbez le bas du toit

Pour finir nous allons donner une légère courbure au segment du bas pour simuler le fait que le chapiteau est vu en plongée (point de vue légèrement plus haut que le toit).

Toujours avec l’outil Éditer les nœuds et les poignées de contrôle cliquez au milieu du segment et déplacez la souris vers le bas. Cela a pour effet de courber le segment en ajoutant automatiquement les poignées de contrôle idoines aux nœuds des extrémités.

Étape 10 : découpez le toit en trois parties

Colorer un chemin (forme vectorielle de base) n’est pas aussi aisé qu’une image matricielle (photo par exemple). Cela peut être un aplat (une seule couleur), un dégradé de plusieurs couleurs, un motif (ou texture). Nous souhaitons que cette bâche de toit dispose de trois couleurs : celle de base au centre, une variante plus claire à gauche (le soleil est à gauche dans la photo qui servira de décor) et une variante plus foncée à droite. Le plus simple est de découper le chemin actuel en trois chemins qui porteront chacun une variante.

Prenez l’outil Tracer des courbes de Bézier et des segments de droites. L’idée est de tracer un premier segment qui coupe le toit au niveau du nœud inférieur gauche de la coupole et qui traverse le toit de manière oblique.

Cliquez pour placer un premier nœud sur la coupole, légèrement en haut à droite du nœud par lequel doit passer notre trait de coupe. Un fois le nœud posé relâchez le bouton de la souris avant de bouger cette dernière, sinon vous allez créer de la courbure. Or nous voulons des segments bien droits.

Déplacez votre souris de l’autre côté et placez-la de sorte que le trait vert qui apparaît passe à l’endroit que vous voulez coupez. Cliquez pour placer un deuxième nœud. Pressez Entrée pour terminer ce chemin.

Faites de même sur le côté droit mais en pressant Maj avant de poser le premier nœud. Ainsi ce second trait de coupe sera uni avec le premier dans un même chemin.

Sélectionnez le chemin de découpe et le chemin de la bâche de toit et faites une division (Chemin > Division). Votre bâche de toit est désormais découpée en trois morceaux.

Étape 11 : variez les couleurs

Afin de créer un effet de relief nous allons maintenant faire varier la teinte des deux pans de toit situés sur les bords (celui du centre reste inchangé), plus clair à gauche, plus foncé à droite.

Pour cela, sélectionnez le triangle de gauche et ouvrez la fenêtre Objet > Fond et contour. Assurez-vous d’être sur l’onglet Fond. Parmi les cinq modèles pour choisir une couleur sélectionnez TSL. Jouez sur la valeur de luminosité (L) pour éclaircir la couleur.

De même pour le triangle de droite pour assombrir la couleur.

Étape 12 : les bâches d’entourage

Placez-vous dans le calque « Entourage ». La technique est la même que pour le toit : nous allons commencer par un rectangle que l’on découpera ensuite en six morceaux pour accueillir différentes teintes de jaune.

  • tracez un rectangle dont les coins supérieurs sont collés aux coins inférieurs du toit ;
  • convertissez ce rectangle en un chemin (Chemin > Objet en chemin) ;
  • sélectionnez les deux coins inférieurs et éloignez-les légèrement comme sur la capture (en cliquant sur l’une des flèches et en pressant Maj pour étirer depuis le centre) ;
  • avec l’outil Édition des nœuds et des poignées de contrôle courbez légèrement le segment du bas (ne touchez pas à celui du haut, nous résoudrons l’éventuel problème de superposition à l’étape suivante) ;
  • avec la pipette capturez une couleur jaune relativement neutre depuis la photo ;
  • tracez cinq traits de découpe (en pressant Maj en début de chaque trait) dont un au centre ;
  • assurez-vous que ces cinq traits soient dans un unique chemin (si ce n’est pas le cas, sélectionnez tous les traits de découpe et unissez-les avec Chemin > Union) et faites une division entre le chemin jaune et le chemin de découpe (Chemin > Division) ;
  • éclaircissez les deux pans de gauche, assombrissez les deux pans de droite, les deux pan centraux conservant le jaune que vous avez défini.

La séparation centrale nous permettra d’ouvrir le chapiteau à l’animation.

Étape 13 : ordonnez les calques et leurs éléments

Important, pensez à supprimer la photo qui vous a servi à récupérer les couleurs et vous inspirer pour créer les formes, elle ne doit pas rester dans l’image finale.

Afin de régler les problèmes de superposition et de se faciliter le travail d’animation, nous allons vérifier l’ordre des calques et des chemins à l’intérieur de ces calques.

Commençons par la fenêtre des calques. De bas (arrière-plan) en haut (premier plan) vous devez avoir « Mâts », « Entourage », « Toit » et « Coupole » pour obtenir un rendu correct. Si ce n’est pas le cas, sélectionnez un calque puis utilisez les boutons ornés de flèches vers le haut ou vers le bas.

Pour les différents chemins à l’intérieur des calques, il n’y a pas de chevauchement. Mais il s’agit de fixer un ordre qui nous permettra de les retrouver plus facilement dans Synfig Studio.

La fenêtre Objet > Objets vous montre l’ordre de chaque élément ainsi que les calques.

Étape 14 : caler les mâts et l’entourage

Le bas des mâts doit arriver légèrement au dessus du bas des bâches d’entourage, mais caché par ces dernières. En effet, l’animation que nous allons réaliser va afficher le chapiteau progressivement. Il faut donc que les mâts soient bien placés avant d’être partiellement cachés.

Sélectionnez les deux mâts avec l’outil Sélectionnez et transformez les objets (l’outil de sélection de base). Redimmensionnez cet ensemble par la double flèche du milieu du bas pour approcher le bas des mâts au plus prêt du bas de l’entourage, sans laisser apparaître les mâts.

Étape 15 : ajustez la page au dessin

Par précaution vous devriez ajuster les dimensions de la page de sorte à ce quelle englobe parfaitement et uniquement le dessin que nous venons de réaliser.

Supprimez toute sélection puis allez dans le menu Fichier > Propriétés du document puis dans l’onglet Page > Dimensions personnalisées ouvrez Redimensionner la page au contenu et cliquez enfin sur Ajuster la page au dessin ou à la sélection.

Étape 16 : enregistrez, exportez

Bien sûr vous avez déjà enregistré votre travail à plusieurs reprises, donc renouvelez l’opération maintenant que le travail est fini. Le format à privilégier est le « SVG Inkscape », seul à même de retenir toutes les spécificités d’Inkscape (c’est ce que l’on appelle un format de travail).

Pour utiliser votre œuvre dans Synfig Studio, vous devez également l’exporter au format SIF. Dans la fenêtre Fichier > Enregistrer sous… choisissez « Animation Synfig (*.sif) » dans la liste déroulante des formats, juste au dessus du bouton Enregistrer.

Ressources

Vous pouvez soutenir mon travail via un don :

Perspectives et envies pour 2019 – formation et connaissances

Pour faire suite à mon bilan 2018, voici mes perspectives et envies pour 2019 (et sans doute un peu plus loin, parce que c’est pas les idées qui manquent). Et comme finalement l’article est très long, je le coupe en deux. Voici donc la première partie.

Dix ans déjà

Ce bilan 2018 vient, je l’espère clôturer une période d’errances même si le mot est un peu fort et que je ne regrette rien. Revenons dix ans en arrière lorsque je décide de mettre en œuvre cette idée d’animer de la formation (idée qui a germé en 2005 après mon expérience de rédacteur en chef de Linux Pratique et pendant la rédaction de mon premier livre sur GIMP). Nous étions deux et avons entamé la création d’une entreprise. Ce sera d’abord une association car plus simple (le croyions-nous) et nous permettait de bénéficier de certaines aides (mais qui dit aides, dit contre-parties et orientation du projet d’origine dans une direction pas toujours souhaitée).

Ce fut ensuite une Scop, mais toujours à deux. Je vous le dis aujourd’hui, il ne faut pas monter une Scop à deux : en Scop, vous avez la contrainte de financer deux salaires temps plein tous les mois (comptez-donc au minimum 50000 € de chiffre d’affaire à réaliser sur l’année, à deux). À cinq c’est mieux, ça fait trois personnes de plus pour réaliser les 50000 € minimum. Bien sûr personne n’est payé à plein temps, mais c’est généralement le cas quand on démarre une activité ; sauf, bien sûr, si vous montez une start-up de production de ventilateurs qui levez des fonds auprès de business angels avec l’intention d’être côtés en bourse (mais je parle de créer une activité utile).

La formation ça peut rapporter gros, en tout cas, ça en a la réputation. Mais encore faut-il la vendre et la concrétiser. Donc, comme il faut faire rentrer des sous rapidement, la tentation est grande de proposer d’autres services, surtout lorsque les compétences sont là. Donc dispersion, fatigue et l’on finit par faire mal les choses.

En 2014, lorsque nous avons fermé Libres à Vous et que j’ai intégré Artéfacts, je n’avais plus la contrainte du chiffre d’affaires (un coopérateur a le droit de s’auto-exploiter), mais je me suis tout de même dispersé.

Donc, aujourd’hui je sais ce que je ne veux plus faire et ai une idée plus précise de ce que je veux faire (ce qui ne veut pas dire que c’est figé, mes envies évolueront sans doute, et c’est normal). Par exemple, je ne veux plus faire de site Web. Installer et maintenir des ordinateurs sous Linux, pourquoi pas, mais dans un rayon de dix kilomètres autour de Chinon, du service local donc.

Formation

La formation va rester le cœur de mon activité. D’abord parce que l’an dernier j’ai enfin atteint un volume significatif (33 journées, presque 26000 € de CA, des stagiaires variés et contents). Mais surtout parce que ça me plaît !

J’aime transmettre ce que je sais, même si parfois j’y mets trop d’enthousiasme et donne trop d’informations par rapport à ce qui est humainement assimilable (mais je me soigne). Je reçois aussi : il n’est pas rare que des stagiaires me posent des problèmes auxquels je n’avais jamais pensé. Trouver la solution est très réjouissant et accroît mes connaissances (en plus de celle des stagiaires).

Je voudrais développer des parcours de formation thématiques, sur un domaine d’activité qui font intervenir plusieurs logiciels. C’est déjà le cas sur la mise en pages (GIMP, Inkscape et Scribus) mais cela pourrait être plus précis. Je songe notamment à une formation sur l’édition d’un programme d’événements (ce qui nécessite un peu de développement au niveau de Scribus, une extension qui saurait lire un format tableur et insérer les données dans les bonnes cases de la maquette).

Pratiquant occasionnellement le montage vidéo depuis quelques temps je voudrais également développer des formations sur cette activité. Et le montage fait appel à plusieurs logiciels : l’an dernier j’ai réalisé une bande-annonce pour un festival pour laquelle j’ai travaillé avec GIMP, Inkscape, Synfig Studio, SlowMoVideo et enfin Kdenlive pour le montage final. La bande-son étant un extrait d’une chanson, j’aurais pu utiliser Audacity pour la découper proprement (mais un silence opportun tombait pile poil à la fin de la vidéo).

Sur le plan administratif vous savez peut-être que 2019 marque le début d’une grosse réforme de la formation professionnelle. Nous étudions cette réforme de près afin de réaliser les démarches nécessaires pour continuer à pouvoir proposer de la formation.

Connaissances

Pour bien assumer ces formations, je souhaite toujours étancher ma soif de connaissance. Il y a quelques logiciels que j’aimerais apprendre à utiliser ou approfondir ce que je sais déjà.

Synfig Studio

Ce logiciel d’animation vectorielle semble proposer d’énormes possibilités. Et comme tout ce qui est énorme, difficile d’en faire le tour. J’utilise déjà Synfig Studio, mais je suis encore loin de pouvoir proposer une formation dessus, tout au plus, l’intégrer à une formation de montage vidéo pour créer des titres animés.

En effet, avec Synfig Studio vous pouvez produire du dessin animé (bien qu’il ne dessine pas à votre place) mais aussi faire du motion design (que l’on pourrait nommer en français animation graphique).

Un logiciel méconnu mais prometteur.

Krita

Krita est le concurrent direct de GIMP, sans être son équivalent. Je l’ai utilisé sérieusement une fois, lors d’un atelier organisé par Outils libres alternatifs qui portait sur le storyboard animé (Krita pour les croquis, Blender pour l’animation).

Blender

Vieux rêve que de savoir utiliser Blender. Donc, j’ai déjà utilisé Blender, essentiellement le module de montage vidéo. Même s’il ne fait pas que ça, Blender est un bon logiciel de montage vidéo, la troisième dimension apportant une approche intéressante.

Bien sûr la partie modélisation 3D m’intéresse aussi.

Des outils de scénarisation pour le Web

Je voudrais mettre en page mes cours et vidéos en ligne de manière originale et pas forcément linéaire. Aussi je m’intéresse à des outils comme Sozi (autonome ou extension pour Inkscape) et Twine (outil pour rédiger des histoires du genre « un livre dont vous êtes le héros »). Il me faudra, sans doute, renforcer mes connaissances en Javascript pour maîtriser les interactions notamment sur les vidéos.

Supports de cours

J’essaie de maintenir à la fois des cours écrits (sur GIMP et sur Scribus, tous deux commençant à vieillir sérieusement) et je produis des tutoriels vidéo référencés sur mon blog (avec un petit texte d’accompagnement) et sur ma chaîne Vimeo (bien que je n’ai pas encore pris le temps de ranger tout ce qui s’y trouve, notamment des captures vidéo réalisées en direct pendant certaines formations pour laisser une trace plus vivantes aux stagiaires, donc, sans voix, sans montage). Je voudrais maintenir ces cours à jour et continuer à les diffuser sous licence libre.

Écrit

Au-delà de ces cours centrés sur un logiciel je souhaite rédiger (voire éditer) un cours sur le processus de mise en pages avec les logiciels GIMP, Inkscape, LibreOffice Writer et Scribus. Un cours sur un thème précis, un métier et pas seulement sur un logiciel en particulier.

La question du support se pose évidemment. Le numérique ayant l’avantage de l’évolution facile alors que le papier est figé. Le papier a encore ses adeptes (j’en fait partie). En revanche, je ne suis pas convaincu que le numérique soit plus écologique que le papier.

Jusqu’ici je structurais mes textes avec Asciidoc, qui n’est plus maintenu. Même si je trouvais Markdown plus simpliste, c’est lui que j’ai aujourd’hui adopté. Sa simplicité est surtout un atout : il est possible de convertir du Markdown dans une riche variété de formats (merci Pandoc). Je pourrai donc produire du papier comme du Web. Il y aura quelque chose à ce propos dans la seconde partie de cet article (à paraître bientôt).

Publier un nouveau livre ? Pourquoi pas, mon livre sur GIMP est épuisé depuis longtemps et de toute façon, il a vieilli (publié en juin 2013). Surtout que des collègues sont en train de lancer une maison d’édition. D’ailleurs, ils ont lancé un financement participatif pour les deux premiers livres édités ; ça s’appelle « Carnet de sel » et vous pouvez les soutenir.

Vidéo

J’ai découvert l’année dernière la plateforme Udemy et ai investi dans quelques cours (notamment celui sur Synfig Studio, très clair et bien construit). J’ai aussi visionné bon nombre de tutoriels gratuits sur Youtube, mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous (par exemple, j’ai eu beaucoup de mal à trouver des tutoriels sérieux sur Shotcut).

Lorsque j’enregistre des tutoriels en vidéo, j’ai vraiment à cœur de fournir des explications de qualité, en expliquant aussi le pourquoi je fais telle ou telle action. Cela prend un certain temps pour produire une vidéo de cinq à dix minutes. D’ailleurs, le temps de travail a tendance à être inversement proportionnel à la durée de la vidéo finale. Ce qui est logique car produire une vidéo concise demande de supprimer l’inutile.

Dans mon idée de cours en vidéo je verrais bien une trame plutôt théorique expliquant les fonctionnalités des outils, des boîtes de dialogues avec des exemples simples. Une partie plus concrète avec des exemples plus étoffés dépourvue de théorie serait sans doute plus agréable à suivre que de sans cesse entendre répétées les mêmes choses. Bien sûr il faudrait que chacune des parties renvoie vers l’autre, dans un parcours non linéaire (voir plus haut).

Évidemment tout cela demande du temps et ne pourra se faire que s’il y a financement. Comme je n’imagine pas diffuser ces cours sous une licence privative, mais plutôt une Creative Commons By-SA, il n’y aura pas de droit d’entrée à payer. Restent le financement participatif et la contribution volontaire. Ou peut-être publier le cours par « épisode » (même si ce n’est pas linéaire) en fonction de paliers financiers : ainsi, c’est l’action de groupe qui rendrait disponible le cours à tous et non un droit d’entrée individuel et identique.

À suivre

Dans la seconde partie je cause de développement (au sens programmation) d’outils en cours ou à venir. Toujours sous licence libre.

La photo utilisée pour le bandeau de cet article est l’œuvre de el cajon yacht club, diffusée sous licence CC By 2.0.

À quoi sert Inkscape ? Épisode 2

Deuxième épisode de « À quoi sert Inkscape » (qui dit deuxième, dit troisième…). Vous pouvez voir ou revoir le premier épisode.

Cette fois-ci encore, quelques exemples simples (faire un engrenage, une bulle de BD, déformer un dessin). Un rapide exemple de comment utiliser l’extension « Numéroter les nœuds » pour faire un dessin à tracer pour vos enfants.

Puis quelques dessins un peu plus évolués :

  • jouer avec le texte en créant des clones

Jouer avec le texte et les clones avec Inkscape

  • dessiner un chapiteau

Dessiner un chapiteau avec Inkscape

  • dessiner et propager de l’herbe grâce à l’outil Spray

Dessiner de l'herbe avec Inkscape

La vidéo :

À quoi sert Inkscape ?

À quoi sert Inkscape

Inkscape est le logiciel libre de dessin vectoriel le plus connu, le plus utilisé. Mais il souffre de quelques défauts d’ordre, disons, psychologique que je vais tenter d’endiguer ici.

À commencer par son nom. Dans le monde du logiciel libre, nous ne sommes pas toujours doués pour trouver des noms qui aient une réelle puissance marketing. N’y voyez pas un reproche, la puissance marketing ne fait pas la qualité du logiciel et Inkscape est un logiciel de grande qualité ! Son nom donc, est difficile à prononcer et difficile à écrire sans se tromper. Il est la contraction de ink qui veut dire encre et de scape qui peut se traduire par paysage ou hampe (en horticulture, la hampe désigne la tige d’une fleur, en écriture, la hampe désigne le trait vertical formant certaines consonnes).

Ensuite, son usage. Le dessin vectoriel n’est pas quelque chose de très intuitif et peut même faire peur en ravivant de douloureux souvenirs de cours de mathématique. Oui, une image vectorielle est constituée de coordonnées, de courbes, d’équations de toutes sortes. Si vous voulez vous faire peur, vous pouvez ouvrir une image vectorielle dans Inkscape et ouvrir l’éditeur XML qui vous montre les coulisses (Édition > Éditeur XML). Mais heureusement, Inkscape ne nous montre que le rendu d’images vectorielles, c’est nettement plus sympathique et suffit à la plupart des usages.

À cette inquiétude de savoir s’il est utile ou non de suivre une journée de formation sur Inkscape, j’ai répondu par une petite vidéo, intitulée « À quoi sert Inkscape ? » et qui montre quelques exemples assez basiques de ce que l’on peut faire avec. Cette vidéo pourrait être le premier épisode d’une série de vidéos sur le même format, avec d’autres exemples, d’autres logiciels, voire des interactions entre logiciels.

Inkscape : dessiner une flèche pour indiquer le nord

Lors d’une formation récente (GIMP, Inkscape et Scribus) auprès d’archéologues je leur ai montré comment dessiner une flèche d’orientation indiquant le nord. En effet, ils en ont l’usage sur leurs plan et cela constitue un bon exercice pour découvrir certains fonctions de base d’Inkscape.

Voici donc une vidéo montrant comment réaliser une telle flèche, de manière rigoureuse, c’est-à-dire, parfaitement symétrique. Vous y apprendrez comment :

  • transformer un rectangle en chemin
  • ajouter des nœuds à ce chemin
  • en supprimer et rendre les nœuds à nouveau durs (pour des segments sans courbures)
  • aimanter le milieu d’un segment sur un guide
  • convertir le contour d’un chemin en un nouveau chemin

Modifier un document PDF vectoriel et texte

Deux logiciels libres peuvent modifier le contenu d’un document PDF : Inkscape et OpenOffice.org Draw. Dans les deux cas, vous ouvrez le document comme un document existant (Fichier → Ouvrir), pas besoin de passer par une importation.

Inkscape pose plusieurs questions avant l’ouverture du document. Tout d’abord, il vous demande quelle page vous voulez éditer. En effet, Inkscape est un logiciel de dessin vectoriel, où la gestion multipage n’est pas une nécessité.

Les plus importantes sont les deux dernières. Cocher « Remplace les polices du PDF par les polices installées dont le nom est le plus proche » vous assure d’afficher du texte, même si vous ne possédez pas la bonne fonte. En revanche, le rendu sera altéré. Ne pas cocher cette case permet l’utilisation de la fonte d’origine, si elle est incorporée (même partiellement) ou si vous l’avez.

L’option « Incorporer les images » est vivement conseillée, si votre document en comporte.
Attention, certains textes peuvent être sous forme d’image (voir le formulaire Cerfa qui est le résultat d’un scan du formulaire papier suivie d’une réorganisation par blocs).

Une fois la page ouverte dans Inkscape, il va falloir s’y retrouver dans le méandre des groupes d’objets qui peut varier fortement selon le logiciel ayant produit le PDF. Voyez refcard.fr.pdf comme exemple d’imbrication exagérée de groupes. Il va falloir dégrouper les blocs où se situent les éléments que vous voulez modifier.

L’éditeur XML (menu Édition → éditeur XML) vous sera d’un grand secours pour comprendre la structure de la page.

Pour la modification de texte, vous risquez d’être confronté à des comportements bizarres en supprimant ou ajoutant des caractères. Inkscape voit généralement chaque caractère avec un crénage manuel qui lui est propre. Sélectionnez tout le texte que vous voulez modifier et supprimez le crénage manuel (Texte → Retirer les crénages manuels).

Une fois vos modifications effectuées, vous pourrez enregistrer votre page au format PDF.